

«Un souffleur de verre, c'est comme un joueur de flûte, mais au lieu d'écouter la mélodie, on la regarde». Jean Cocteau.
Le verre est une matière noble aux propriétés mystérieuses et surprenantes. Une matière que les Hommes ont commencé à apprivoiser il y a plus de 5000 ans, probablement dans l'Égypte Antique. Translucide jusqu'à la transparence, coloré ou parfaitement opaque, rigide mais ô combien fragile et délicat, le verre ne se discipline pas sans effort.
Restructuration de la matière.
L'atelier du maître verrier est semblable à celui du magicien ; l'artisan s'y agite à l'abri des regards. C'est le lieu confidentiel où s'opère la transformation d'une composition de matériaux amorphes et désordonnés en objets incandescents, vivants et mouvants. Cette restructuration fondamentale de la matière se réalise en portant cette composition à sa température de fusion, au delà des 1000 degrés. Les fours dégagent une chaleur sèche et âpre dans l'atelier.
Nécessaire alchimie.
C'est dans cette atmosphère particulière que le maître verrier livre son combat avec le verre pour lui donner les forme, texture et aspect imaginés à tête reposée. Un combat noble - à l'instar des arts martiaux - dans lequel il est nécessaire de bien connaître son adversaire pour anticiper ses mouvements, utiliser sa force, son énergie. Un combat où les armes – cannes à souffler, pinces et taloches en bois recouvertes de papier journal mouillé - sont rudimentaires. Parce que le savoir-faire prime sur les outils.
Chaque création nécessite une alchimie parfaite entre la force et la délicatesse, la tension et la souplesse, le physique et le mental.